Salticus scenicus
 
Francine Mondor
 
Araignées des maisons  
Classification
Description des adultes
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation
Rôles écologiques
 
Comportements particuliers
Méthodes de contrôle
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités
Bibliographie
 
 
CLASSIFICATION
Phylum : Arthropodes
Classe : Arachnides
Ordre : Aranées (Araneae)
Nombre d'espèces au Québec : on compte plusieurs espèces d'araignées qui vivent dans les maisons ou à l'extérieur, sur les murs des bâtiments. Nous aborderons ici les six principales espèces parmi celles-ci (voir plus bas : Description des adultes). Il existe plus de 620 espèces d'araignées connues au Québec et plus de 35 000 dans le monde.
Nom anglais : House spiders

ESPÈCES APPARENTÉES
Les araignées font partie de la classe des Arachnides, comme les scorpions, les pseudoscorpions, les tiques et les acariens.

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DESCRIPTION DES ADULTES
Comme toutes les araignées, les espèces qui élisent domicile dans nos habitations ont huit pattes. Leur corps est divisé en deux parties : le céphalothorax (tête et thorax soudés) et l'abdomen. Au bout de l'abdomen se trouvent les filières, d'où proviennent les fils de soie qui servent à fabriquer la toile, les abris et les sacs contenant les oeufs.

Les araignées ont plusieurs yeux (souvent huit) placés de façon variable sur leur tête. Leurs pièces buccales sont composées des chélicères, qui se terminent par un crochet, et des palpes, ou pédipalpes. Ces derniers sont plus développés chez les mâles.

Les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.

Les principales espèces d'araignées de maison au Québec
N.B. Ces araignées n'ont pas encore de noms vernaculaires français.

 


Chiracanthium mildei
 
Francine Mondor
 
Chiracanthium mildei L. Koch (famille des Miturgides)
N.B. On peut aussi voir le nom du genre écrit ainsi : Cheiracanthium.

La coloration du corps de cette petite araignée varie de vert pâle à jaune blanchâtre. On peut parfois distinguer une tache allongée sur l'abdomen. Ce dernier est légèrement translucide et peut changer de couleur selon la nourriture absorbée. Il se termine par des filières coniques plutôt que cylindriques.
 


Chiracanthium mildei, femelle
 
Laurent Desaulniers
 

La tête porte deux rangées horizontales de quatre yeux à peu près de la même taille. Les palpes et les chélicères sont bruns.

Les pattes sont assez longues, la première paire l'étant davantage que les autres.

L'araignée mesure environ 7 mm de long.

Cette espèce nocturne ne construit pas de toile et capture ses proies en chassant.

Elle peut mordre, mais cette araignée reste cachée la plupart du temps. C. mildei est la seule espèce du Québec dont la morsure peut causer des nécroses (voir plus bas : Questions fréquemment posées).

 

Pholcus phalangioides
 
Francine Mondor
 
Pholcus phalangioides (Fuesslin) (famille des Pholcides)
On reconnaît cette araignée à ses très longues pattes minces et à son corps allongé blanc grisâtre. Elle mesure entre 6 et 8 mm de long.

Les membres de la famille des Pholcides ont six yeux répartis en deux groupes de trois, assez rapprochés les uns des autres. Les mâles ont des yeux surélevés sur la tête.

P. phalangioides vit dans les caves et les sous-sols non aménagés. On la voit souvent suspendue tête en bas sur une toile plutôt lâche dans des endroits sombres.

Comme la très grande majorité des araignées du Québec, celle-ci ne mord pas les humains. Ses pièces buccales sont trop délicates pour percer notre peau.

 

Steatoda bipunctata
 
Francine Mondor
 
Steatoda bipunctata Linné (famille des Thérédiides)
Cette araignée a une forme arrondie et des pattes courtes. Sa coloration assez brillante, dont la teinte varie du rouge au noir, est plus évidente sur l'abdomen globuleux. Elle mesure entre 3 et 5 mm de long.

On trouve souvent cette espèce à l'intérieur comme à l'extérieur des habitations, particulièrement près d'une porte et sur les murs extérieurs. Elle fabrique une toile informe constituée de fils enchevêtrés. L'araignée y attend ses proies ou se cache à proximité.

Sa morsure est habituellement sans conséquence pour les humains.

 

Larinioides patagiata
 
Francine Mondor
 
Larinioides patagiata (Clerck) (famille des Aranéides)

Cette grosse araignée trapue a une coloration variable, mais elle est le plus souvent de teinte sombre. Elle mesure entre 5 et 11 mm de long.

Elle tisse une toile circulaire, que l'on trouve avec son occupante sur les murs extérieurs des bâtiments. L'identification de L. patagiata n'est pas facile car elle ressemble à d'autres araignées moins communes trouvées aussi sur les maisons. Les spécialistes doivent examiner ses pièces génitales, caractéristiques de l'espèce, pour l'identifier à coup sûr.

Il semble que sa morsure ne soit pas très douloureuse et qu'elle ne présente habituellement pas de conséquence pour les humains.

 

Salticus scenicus
 
Francine Mondor
 
Salticus scenicus (Clerck) (famille des Salticides)

Cette araignée trapue et robuste est munie de pattes plutôt courtes et épaisses. Son abdomen est zébré et très poilu. Comme chez les autres araignées sauteuses, les deux yeux du milieu de la rangée du bas sont beaucoup plus gros que les autres.

Elle ne tisse pas de toile. Elle chasse plutôt en bondissant sur ses victimes, se déplaçant souvent très vite en faisant des sauts courts et subits.

On la trouve souvent près des fenêtres ou sur les vitres.

Comme la presque totalité des araignées du Québec, cette espèce est inoffensive.

 

Tegenaria domestica
 
Francine Mondor
 
Tegenaria domestica (Clerck) (famille des Agélénides)

Les chevrons qui ornent la partie dorsale de son abdomen facilitent l'identification de cette espèce. On note également les filières qui dépassent le bout de son abdomen. Cette araignée mesure entre 6 et 12 mm de long.

Elle est commune dans les granges, les caves et autres endroits frais, humides et sombres. On la trouve souvent dans les recoins ou sous des madriers et des planchers.

Sa morsure est habituellement sans conséquence pour les humains.

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CYCLE DE VIE
Le cycle vital des araignées varie selon les espèces. Ces arthropodes ne subissent pas de métamorphose. Les jeunes, aussi appelés juvéniles, ressemblent aux adultes en plus petit.

De façon générale, la femelle pond ses œufs dans un sac de soie qu'elle dissimule dans un abri ou transporte avec elle. Selon le cas, l'araignée peut produire un ou plusieurs de ces sacs, contenant chacun un nombre variable d'œufs. Ceux-ci éclosent quelques semaines après la ponte, ou au printemps suivant chez les espèces qui passent l'hiver sous cette forme.

Comme les insectes, les araignées grandissent en changeant de « peau » lors de la mue. Le squelette externe se déchire sur la partie dorsale et l'araignée en sort en s'aidant de ses pattes. Le nombre de mues est différent selon les espèces.

Les araignées peuvent hiverner à l'état d'œuf, à un stade immature ou sous leur forme adulte.

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HABITAT
Les espèces présentées ici se retrouvent à l'intérieur des habitations ou sur les parois extérieures des bâtiments (on dit qu'il s'agit d'araignées synanthropes). Elles peuvent également vivre dans la nature, sur le feuillage et sous des pierres, par exemple.

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
De façon générale, les araignées qui habitent nos maisons s'établissent dans plusieurs pays situés à la même latitude. L'aire de répartition nord-américaine des espèces trouvées au Québec couvre habituellement d'autres régions au Canada et dans le nord-est des États-Unis.

Tegenaria domestica est une espèce cosmopolite.

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ALIMENTATION
Les araignées se nourrissent de proies vivantes. Les espèces trouvées dans les maisons au Québec mangent surtout des insectes. Elles peuvent aussi se nourrir d'autres petits arthropodes, dont des araignées.

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RÔLES ÉCOLOGIQUES
Ces prédateurs voraces avalent d'importantes quantités d'insectes.

En nature, les araignées aident à réduire les populations d'insectes, assurant une forme de contrôle biologique dans plusieurs écosystèmes ainsi que dans diverses monocultures (coton et maïs, par exemple). Ces insectivores jouent un rôle significatif dans la vie de tous les habitats terrestres.

Elles sont mangées par différents prédateurs, tels que des oiseaux et des guêpes (Pompilides et Sphécides).

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COMPORTEMENTS PARTICULIERS
Même si on la voit parfois le jour, Chiracanthium mildei est une araignée nocturne. Elle ne tisse pas de toile pour capturer ses proies, mais elle se confectionne un petit abri de soie où elle se cache durant la journée. Dans les maisons, on trouve généralement cet abri dans les coins supérieurs des pièces, à la jointure des murs et du plafond.

Après l'accouplement, la femelle dépose son sac d'œufs dans l'abri. Les bébés araignées y demeurent quelque temps avant de s'aventurer à l'extérieur en quête de nourriture.

En Amérique du Nord, où l'espèce est introduite, cette araignée vit presque toujours à l'intérieur des habitations. Elle y est plus abondante à l'automne, quand la température baisse et que les proies se font plus rares. L'espèce vit plus souvent dans la nature en Europe.

Lorsque Pholcus phalangioides est en état d'alerte, il agite violemment sa toile pour en éloigner les intrus. Il peut abandonner une toile pour en tisser une nouvelle et ce, à plusieurs reprises au cours de sa vie. Ce piège de fils de soie sert à capturer des insectes et de petites araignées. Comme celles des autres membres de la famille des Pholcides, la toile de P. phalangioides est plutôt irrégulière. On trouve habituellement l'araignée sur la face inférieure du piège, son abdomen pointant vers le haut. La femelle de cette espèce a tendance à garder son sac d'œufs entre ses chélicères.

Certains spécialistes croient que Tegenaria domestica peut vivre pendant au moins quatre ans et supporter de très longues périodes de jeûne.

Salticus scenicus est capable de bondir sur une distance équivalente à plusieurs fois sa longueur. Elle peut également marcher sur une surface aussi lisse que le verre grâce à des touffes de poils sur ses pattes. C'est pourquoi on la trouve parfois sur les fenêtres dans les maisons. Cette araignée diurne apprécie le soleil. On la trouve souvent à l'extérieur, mais elle pénètre aussi dans les habitations, où on peut la voir se déplacer en sautant sur les murs, les portes, les moustiquaires et près des fenêtres. En plus de ses dons pour le saut, S. scenicus bénéficie d'un sens de la vue très bien développé pour capturer ses proies. La famille des Salticides jouit de la meilleure vision dans le monde des araignées.

Cette espèce dévore quantité de petites mouches qui fréquentent nos maisons.

La plupart des araignées ne voient pas très bien. Elles ont plutôt la vue courte, et si elles semblent courir vers vous, elles l'ignorent probablement. Ces arthropodes s'orientent grâce à des poils très sensibles situés sur leurs pattes et sur leurs palpes.

Les araignées sont incapables de mâcher ou d'absorber des aliments solides. Pour se nourrir, elles doivent liquéfier leur repas avant de l'ingérer. Elles injectent des liquides digestifs dans le corps de leur proie paralysée et en sucent ensuite le contenu, ne laissant qu'un exosquelette vide. La digestion a ainsi lieu avant le repas.

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MÉTHODES DE CONTRÔLE
Même lorsqu'elles vivent dans nos maisons, les araignées se rendent utiles en dévorant beaucoup d'insectes. De plus, elles sont pour la plupart tout à fait inoffensives. Chiracanthium mildei peut toutefois causer un problème lorsqu'elle mord (voir plus bas : Questions fréquemment posées), ce qu'elle fait très rarement. De plus, une très faible partie de la population a des réactions allergiques aux araignées.

Si nous abordons ici diverses méthodes de contrôle, ce n'est pas parce que les araignées des maisons sont dangereuses ou causent des dommages. C'est davantage la crainte que suscitent ces petites créatures qui nous amène à présenter quelques trucs pour les empêcher d'entrer chez vous et pour vous en débarrasser. Si vous pouvez supporter sans problème la présence de quelques araignées dans votre demeure, vous vous éviterez du travail ! (N.B. Les personnes ayant une phobie des araignées peuvent consulter l'article Les insectes et les araignées : générateurs de peurs et de phobies).

Éliminez les points d'accès en bouchant les fissures et les trous sur les murs extérieurs de la maison, ainsi qu'autour des portes et fenêtres. Ajoutez des moustiquaires aux portes, fenêtres et bouches d'aération.

Limitez aussi les éclairages de nuit autour de votre demeure. La lumière attire les insectes qui, à leur tour, attirent les araignées.

En plus des espèces qui vivent souvent dans les maisons (voir plus haut : Description des adultes), diverses espèces habitant le milieu naturel peuvent entrer accidentellement dans les habitations ou y être transportées avec du bois de chauffage, des plantes, des vêtements mis à sécher dehors ou d'autres objets ayant séjourné à l'extérieur. Si vous tenez à éviter d'introduire chez vous des araignées, des insectes ou d'autres petites bêtes, inspectez ce que vous faites entrer dans la maison.

Examinez les endroits où les araignées s'installent souvent, comme le garage, le sous-sol, le grenier et les lieux où sont accumulées des boîtes de rangement, par exemple. Utilisez un aspirateur pour éliminer les toiles et les abris de soie. Prenez un balai ou un contenant pour déplacer les araignées vers l'extérieur, ce qui vous évitera de tuer ces arthropodes utiles.

Il n'est pas recommandé d'utiliser des pesticides pour tuer des araignées dans la maison, particulièrement dans les chambres d'enfants. Si vous optez quand même pour cette approche, demandez conseil à un spécialiste pour choisir le produit le moins toxique et le mieux adapté à votre situation. Suivez attentivement les directives du fabricant, procédez avec précaution et rappelez-vous que la plupart des pesticides chimiques peuvent être nocifs pour vous et pour l'environnement.

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
J'ai trouvé cette araignée dans ma maison. Est-elle dangereuse ?

De façon générale, les araignées du Québec sont inoffensives. Elles mordent rarement les humains. Ces petits arthropodes ont plutôt tendance à prendre la fuite devant les intrus qu'à les attaquer. Lorsqu'il y a morsure, celle-ci se produit la plupart du temps quand une araignée se trouve coincée entre la peau et un objet (par exemple un drap, un vêtement ou une chaussure) ou, exceptionnellement, quand on tente d'attraper ou de manipuler une araignée à mains nues.

La morsure de Chiracanthium mildei (voir plus haut : Description des adultes) peut devenir problématique pour certaines personnes. Le venin de cette araignée est cytotoxique, c'est-à-dire qu'il attaque les cellules et cause une détérioration des tissus, ou nécrose. Dans la très grande majorité des cas, son effet est limité au site de la morsure. Les personnes mordues ne présentent généralement que des symptômes mineurs : rougeur locale, enflure, démangeaisons et sensation de brûlure sur le site de la morsure. On observe parfois une petite zone de nécrose au centre de la partie affectée. Lorsqu'il y a nécrose, la blessure guérit habituellement au bout de quelques semaines.

 


Chiracanthium mildei
 
Francine Mondor
 
La morsure de cette araignée entraîne chez de rares individus (surtout des enfants) une réaction systémique plus ou moins grave : sensation de malaise, fièvre, crampes musculaires, maux de tête et nausée. Il est préférable de consulter un médecin dans ce cas. Certaines personnes peuvent aussi éprouver des douleurs mineures pendant quelques jours et constater que l'enflure tarde à se résorber au site de morsure. Si cette zone est très douloureuse, enflée et durcie, il est préférable de voir un médecin.

On peut réduire les symptômes d'une morsure de C. mildei en lavant la plaie avec de l'eau et du savon, puis en appliquant de la glace. Il est recommandé de ne pas pincer ou gratter la plaie, car ceci peut causer une infection de la blessure et augmenter la dispersion du poison.

De façon générale, si vous sentez qu'une petite bête vous marche dessus, n'essayez pas de l'écraser. Repoussez plutôt l'intrus en le balayant de la main.

La morsure de Chiracanthium inclusum (Hentz), une espèce indigène présente aux États-Unis et dans le sud-ouest du Canada, est considérée comme plus dommageable que celle de l'espèce trouvée au Québec. Aucun décès n'a toutefois été rapporté. Certains experts estiment que ces deux araignées sont responsables de la plupart des morsures sur des humains dans les maisons aux États-Unis.

Chez les rares personnes qui développent des symptômes d'allergie aux araignées, les réactions aux morsures ne sont pas dues au venin comme tel mais plutôt aux protéines allergènes contenues dans la salive de l'animal. Ces réactions varient beaucoup d'une personne à l'autre.

On note également des possibilités de réactions allergiques à la suite de l'inhalation de poils, d'écailles ou de petites particules d'araignées (comme les réactions parfois induites par l'absorption de particules de blattes).

Les araignées ne transmettent pas de maladies.

Y a-t-il des araignées venimeuses au Québec ?

 


Chélicères d'araignées ouvertes
 
Francine Mondor
Chélicères d'araignées ouvertes
Nos espèces indigènes, comme presque toutes les araignées du monde, produisent du venin pour paralyser ou tuer leurs proies. Mais aucune des araignées vivant au Québec n'est capable d'empoisonner un humain. Aucune n'est même considérée comme dangereuse. Les chélicères de la grande majorité des araignées de chez nous sont trop petites et trop faibles pour percer notre peau. Celles qui arrivent à nous mordre ne causent généralement qu'une douleur passagère. Il faut toutefois noter que, dans de rares cas, des réactions allergiques peuvent se manifester (voir la question précédente).

Seules les morsures de la veuve noire, de la brown recluse et de quelques autres espèces sont considérées comme dangereuses. Sur les quelque 35 000 araignées connues dans le monde, une trentaine d'espèces seulement représentent une menace pour les humains s'il y a morsure.

Il arrive parfois que des araignées venimeuses entrent au pays dans des cargaisons de produits exotiques (des régimes de bananes, par exemple). Jusqu'à maintenant, ces espèces ne peuvent se reproduire dans nos régions ni dans les entrepôts réfrigérés.

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FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS
Chiracanthium mildei est une espèce européenne qui a été introduite en Amérique du Nord. On la trouvait déjà aux États-Unis avant 1930, et elle s'est répandue très rapidement sur le continent nord-américain. Cette araignée se montre fort utile dans les vergers, en Israël, où elle se nourrit de lépidoptères qui s'attaquent aux arbres fruitiers.

Certaines espèces de la famille des Clubionides imitent à s'y méprendre des fourmis. D'autres arborent des couleurs vives ou des marques contrastantes.

L'Europe et la Sibérie font partie des régions où habite Steatoda bipunctata, une espèce qui fut introduite en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Commune au Québec, elle est l'espèce la plus souvent récoltée dans nos maisons. On y observe des jeunes et des adultes tout au long de l'année, ce qui laisse croire que cette araignée n'adopte pas une saison particulière pour sa reproduction.

Tegenaria domestica est une espèce répandue dans le monde entier. Au Québec, on la rencontre dans les régions de l'Outaouais, de Montréal, de Québec et de la Gaspésie. Elle vit souvent dans les granges et les caves.

Il y a une dizaine d'années, les spécialistes québécois des araignées n'associaient pas spontanément Larinioides patagiata aux habitations humaines. Leur perception a changé après un inventaire effectué au Québec de 1991 à 1997. Au cours de cette recherche, l'espèce a été observée sur presque tous les murs des bâtiments. Très commune dans la province, on la retrouve aussi dans la partie nord de notre continent et en Europe.

En France, Salticus scenicus est l'espèce la plus souvent observée dans les maisons et ce, même au cœur des grandes villes. Chez nous, on trouve cette araignée dans le sud-ouest du Québec. L'espèce est établie un peu partout dans l'hémisphère nord.

L'araignée apparaît dans les mythes et les légendes de plusieurs pays du monde. On la retrouve même dans la mythologie grecque, sous la forme d'un personnage qui a donné son nom à la classe des Arachnides. Le mythe d'Arachné, qui raconte l'histoire d'une jeune Lydienne experte dans l'art du tissage, a survécu jusqu'à nos jours sous de nombreuses variantes. Dans l'une d'elles, Arachné, très confiante en ses talents, met au défi la déesse Athéna dans un concours de tissage. La grande déesse en sort gagnante, ce qui enrage tellement Arachné qu'elle se donne la mort par pendaison. Athéna, compatissante, la transforme en araignée afin qu'elle puisse continuer à tisser ses toiles de soie pour l'éternité.

Dans une autre version du mythe, Arachné remporte le concours de tissage avec un ouvrage magnifique. Athéna est furieuse et la tue. Puis, prise de remords, elle transforme sa victime en araignée fileuse.

Le venin des araignées est un liquide formé de plusieurs substances chimiques. Les spécialistes considèrent que sa composition est plus complexe que celle du venin d'abeille ou de guêpe.

Certaines personnes souffrent d'une crainte maladive des araignées. Cette peur irraisonnée porte le nom d'arachnophobie. La plupart des gens éprouvent une répulsion plus ou moins marquée pour ces arthropodes et trouvent leur présence déplaisante. Ils les tolèrent assez bien, cependant, tant que les araignées ne dérangent pas leur routine, ce qui est exceptionnel sous nos latitudes. Toutefois, quand cette crainte prend la forme d'une peur intense, elle peut amener les personnes qui en sont atteintes à changer leur mode de vie ou leurs habitudes pour éviter toute possibilité de contact avec les araignées. Les personnes souffrant d'arachnophobie peuvent être traitées et recommencer ensuite à mener une vie normale (voir l'article Les insectes et les araignées : générateurs de peurs et de phobies).

En 1983, une étude américaine révélait que 80 % des cas de rougeurs et autres symptômes spontanément associés à des morsures d'araignées étaient en fait causés par d'autres arthropodes. Parmi ceux-ci se trouvaient des puces, des tiques, des punaises, des acariens, des mouches, des abeilles et des guêpes. Diverses lésions sont aussi parfois confondues à tort avec des morsures d'araignées. Il peut s'agir de symptômes associés au virus Herpes simplex, à une dermatite arthritique, à un ulcère diabétique, à des plaies de lit, à la maladie de Lyme ou à une réaction à l'herbe à puce.

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BIBLIOGRAPHIE
Paquin, P., N. Dupéré et R. Hutchinson. 2001. Liste révisée des Araignées (Araneae) du Québec, pages 5-87 in Paquin P. et D.J.Buckle (eds), Contributions à la connaissance des Araignées (Arachnida, Araneae) d'Amérique du Nord, Fabreries, Supplément 10.

Parsons, A. 1990. Une araignée. Gallimard, Paris. 37 p.

Preston-Mafham, R.A. et K.G. Preston-Mafham. 1984. Spiders of the World. Blandford Press Ltd, New York. 191 p.

Une alliée méconnue (les araignées)

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