Fourmi charpentière (Camponotus sp.), ouvrière
 
René Limoges,
Insectarium de Montréal
 
Fourmis charpentières (fourmis gâte-bois, camponotes)  
Classification
Description des adultes
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation
Rôles écologiques
 
Comportements particuliers
Méthodes de contrôle
Croyances populaires
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités
Bibliographie
 
 
CLASSIFICATION
Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Hyménoptères
Famille : Formicides
Nom scientifique : Camponotus spp.
Nom anglais : Carpenter ants (black ants, big black ants)
Nombre d'espèces au Québec : On connaît cinq espèces de Camponotus au Québec et elles sont toutes indigènes. Il s'agit de C. caryae (Fitch), C. herculeanus (Linné), C. nearcticus Emery, C. novaeboracensis (Fitch) et C. pennsylvanicus (DeGeer). Le genre Camponotus est représenté par une cinquantaine d'espèces sur le territoire formé par le Canada et les États-Unis. Il s'agit du genre qui compte le plus grand nombre d'espèces dans le monde, soit environ 1 000 espèces connues. nnn

ESPÈCES APPARENTÉES
Les fourmis charpentières, comme les autres fourmis, appartiennent au même ordre que les abeilles, les guêpes et les bourdons.

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DESCRIPTION DES ADULTES
Les fourmis sont faciles à reconnaître au premier coup d'œil. Il existe toutefois des différences morphologiques entre les espèces et entre les adultes d'une même espèce. Ces insectes sociaux sont répartis en différentes castes (ouvrières, reines, mâles) et leur apparence varie selon le groupe auquel ils appartiennent.

De façon générale, les fourmis charpentières sont noires ou noirâtres, avec des teintes de rouge ou de brun selon les espèces. Chez les fourmis du genre Camponotus, le pédicelle, la petite partie qui donne leur taille fine à ces insectes, est composé d'un seul segment.

Les antennes des fourmis sont très mobiles. Leur forme coudée typique est une caractéristique distinctive de ces insectes.

Les mâles et les femelles sont très différents. Les mâles mesurent de 9 à 10 mm de long. Leur petite tête arrondie porte des yeux composés globuleux et de petites mandibules. Leurs pattes sont fragiles. Tous les mâles ont deux paires d'ailes.

Les femelles ont une constitution plus robuste. Leur tête, plus longue et plus large, porte de petits yeux composés et de fortes mandibules. Leurs pattes sont plus puissantes que celles des mâles. Les individus femelles sont soit des reines ou des ouvrières. Parmi les femelles, seules les futures reines ont des ailes. Tant chez les mâles que chez les reines, les ailes antérieures sont beaucoup plus longues que les ailes postérieures.

De façon simplifiée, on peut dire que les femelles (reines et ouvrières) sont plus robustes parce qu'elles travaillent régulièrement, alors que les mâles ont essentiellement pour fonction de transmettre la semence.

 


Fourmi charpentière (Camponotus sp.), adulte, femelle ailée
 
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Reine
La reine est la plus imposante fourmi de la colonie. Elle est généralement plusieurs fois plus grosse que les ouvrières. Les reines du genre Camponotus sont les plus grandes fourmis du Québec. Elles atteignent 18 mm de longueur.

La reine d'une colonie de fourmis charpentières a un abdomen bien développé. Il renferme le nombre maximal d'ovaires pour l'espèce ainsi qu'une spermathèque.

 


Fourmi charpentière (Camponotus sp.), ouvrière
 
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Ouvrière
Les ouvrières sont des femelles « régressées », dont les structures thoraciques simplifiées ne portent pas d'ailes. Le nombre d'ovaires est minimal et la spermathèque absente. Elles mesurent entre 6 et 13 mm de long. On distingue les ouvrières camponotes des ouvrières d'autres genres de fourmis grâce au profil uniformément arrondi de leur thorax.

À l'intérieur d'une même colonie, les ouvrières prennent une apparence différente selon les fonctions qu'elles occupent : nourrices, butineuses, soldates, etc. On trouve des petites et des grandes ouvrières. Les plus grandes sont les soldates, qui protègent la colonie. La présence d'ouvrières de grande taille indique une colonie plus mature, qui vit au même endroit depuis longtemps.

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CYCLE DE VIE
L'accouplement des fourmis charpentières a généralement lieu en mai. Chaque jeune reine s'accouple avec un seul mâle et la copulation a lieu en vol. L'abdomen de la reine contient une spermathèque. Ce petit réceptacle sphérique reçoit les spermatozoïdes du mâle lors de l'accouplement. La spermathèque produit des substances nutritives qui gardent la semence en vie durant plusieurs années, ce qui permet à la reine de pondre des milliers d'œufs sans avoir de nouveaux contacts avec un mâle.

Après le vol nuptial et l'accouplement, la reine fécondée fait tomber ses ailes en les frottant avec ses pattes. Elle cherche ensuite un endroit propice pour installer sa colonie. Il s'agit par exemple d'un tronc d'arbre, d'une grosse souche ou d'une pièce de bois. Une fois dans son nouveau domicile, la reine pond ses premiers petits œufs blancs. Elle s'occupe seule de cette première couvée, qu'elle nourrit à partir de ses propres réserves. Les premières ouvrières adultes sont toutes petites. Cette première génération d'ouvrières, et toutes les générations suivantes, prennent en charge les travaux de la fourmilière : entretien, agrandissement de l'abri, ravitaillement des occupants, etc. La reine est la seule femelle qui pond dans une colonie et elle consacre sa vie à cette occupation.

La durée du développement, de l'œuf à la fourmi adulte, varie de 48 à 74 jours selon les espèces et les conditions du milieu. Les fourmis sont des insectes à métamorphose complète, ou holométaboles. Les larves ressemblent à de petits vers blancs au corps mou et trapu. Elles sont aveugles et n'ont pas de pattes. On compte quatre stades larvaires chez les fourmis. Après chaque mue, la larve devient plus volumineuse. Arrivé à la fin de sa vie larvaire, l'insecte tisse un cocon allongé et cylindrique de couleur crème à brun pâle. À l'intérieur du cocon, la larve se transforme en prénymphe, une forme intermédiaire blanche au corps cylindrique et immobile. Quelques jours plus tard, elle se métamorphose en nymphe, image du futur adulte, mais complètement blanche et immobile. La pigmentation commence à l'intérieur du cocon. Après quelques jours, l'adulte encore très pâle émerge de son enveloppe protectrice, souvent assisté par des ouvrières. Il prend ensuite sa coloration normale. Les ouvrières peuvent vivre environ sept ans et la reine jusqu'à 17 ans.

Une colonie est bien consolidée au bout de trois à six ans, alors qu'elle compte 2 000 ouvrières ou plus. À partir de ce moment, la reine produit à la fin de chaque été des individus ailés et sexués (mâles et futures reines). Ces nouveaux adultes reproducteurs accumulent des réserves et hivernent dans la fourmilière.

En mai, si les conditions sont favorables, les mâles émettent une substance chimique qui donne le signal de départ. Toutes les fourmis ailées sortent du nid et s'envolent, généralement lors d'une journée chaude et sans vent. Les mâles meurent peu après l'accouplement. Les futures reines se mettent en quête d'un site convenable pour établir leur propre colonie.

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HABITAT
Les fourmis charpentières vivent normalement à l'extérieur des maisons, dans le bois humide ou en décomposition. Le milieu forestier constitue leur habitat d'origine. Elles font leur nid dans des arbres morts ou creux, des arbres vivants, des souches pourries ou des terriers creusés sous des troncs tombés et des pierres. Certaines peuvent aussi s'établir dans les maisons. Elles installent alors leurs nids dans les structures de bois de l'édifice ou des endroits creux (murs, plafonds, etc.). Près des habitations, elles peuvent vivre dans des poteaux de téléphone, des piquets de clôtures, des tas de débris de bois ou des piles de bois de chauffage. Les infestations de domiciles (souvent des chalets) sont plus communes dans les régions boisées.

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
On trouve les fourmis charpentières un peu partout au Québec jusqu'à la limite forestière, au nord. Au Canada, deux espèces sont communes à l'est des Rocheuses : la fourmi charpentière bicolore, C. herculeanus, dans la zone de forêt boréale, et la fourmi noire gâte-bois, C. pennsylvanicus, plus au sud.

Aux États-Unis, les fourmis charpentières sont communes dans les forêts du nord-est et du nord-ouest du pays.

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ALIMENTATION
Les camponotes sont des insectes omnivores. Dans la nature, elles se nourrissent du miellat produit par les pucerons et autres homoptères, d'insectes et de petits invertébrés morts ou vivants, ainsi que des sucs de plantes et de fruits divers. La nourriture est souvent consommée sur place par les fourmis chargées du ravitaillement, puis régurgitée à la reine, aux larves et aux autres ouvrières quand elles rentrent au nid. Plus rarement, la nourriture peut aussi être rapportée intacte et stockée dans le nid. Les ouvrières se déplacent jusqu'à une centaine de mètres du nid dans leur quête de nourriture.

Lorsqu'elles entrent dans nos maisons, les fourmis ajoutent à leur menu une foule d'aliments sucrés, des viandes, de la nourriture pour animaux et des matières grasses. Elles peuvent manger presque tout ce dont les humains se nourrissent.

Lorsqu'une nouvelle reine fonde une colonie, elle nourrit les premières larves à l'aide d'œufs alimentaires, qui ne renferment que des substances nutritives. La reine elle-même doit parfois se nourrir de ses propres œufs pour survivre jusqu'à l'entrée en fonction des premières ouvrières. Plus tard, en cas de stress sévère causé à la colonie, la reine peut recourir au cannibalisme pour assurer sa survie.

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RÔLES ÉCOLOGIQUES
Dans leur habitat naturel, les fourmis charpentières constituent une source de nourriture pour les pics et autres oiseaux insectivores. Les ours s'attaquent aux arbres abritant des nids pour manger les larves et les nymphes.

Ces insectes sont d'importants décomposeurs d'arbres. La présence de galeries et de chambres creusées par les fourmis charpentières dans le bois accélère considérablement le recyclage de la matière ligneuse lorsque la colonie disparaît. Des champignons et des bactéries s'installent alors partout dans ces espaces ouverts et dégradent la lignine et la cellulose sur de grandes surfaces.

Comme plusieurs autres espèces de fourmis, les camponotes creusent aussi la terre. Elles transportent des particules et des petits cailloux en surface, assurant ainsi un brassage du sol.

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COMPORTEMENTS PARTICULIERS
Les fourmis charpentières ne sont pas agressives mais elles peuvent mordre lorsqu'on les manipule.

Les ouvrières sont plus actives la nuit, ainsi que durant l'été, lorsqu'il fait chaud. Elles quittent souvent la colonie en fin d'après-midi et s'approvisionnent en nourriture durant la nuit, ne retournant au nid qu'aux petites heures du matin.

Les infestations de nos habitations par les camponotes peuvent se produire de quatre façons :

- l'arrivée dans la maison d'une reine qui fonde une nouvelle colonie ;

- la migration d'une colonie ou d'une partie de la colonie (nid satellite) à la suite d'un stress majeur (comme l'abattage d'un arbre, le remplacement d'une fenêtre ou la disparition d'une clôture en bois où se trouvait le nid) ;

- l'introduction de matériel contenant des fourmis dans la maison, comme du bois de chauffage ;

- la formation d'un nid satellite, sans reine (la cause d'infestation la plus fréquente au Québec).

Les fourmis charpentières creusent leurs galeries dans le grain du bois en suivant les parties les plus molles. Les parties dures sont laissées intactes et font office de parois pour soutenir les galeries. Les fourmis gardent leurs tunnels et leurs chambres très propres. Elles enlèvent le bois grugé, qu'elles repoussent hors du nid. Ces déchets s'accumulent et forment des petits tas de sciure de bois sous les trous d'entrée du nid, ce qui constitue un indice de la présence des fourmis. Les particules de sciure ont la forme de filaments. Les petits tas de déchets peuvent aussi contenir des particules de sol, des fourmis mortes, des morceaux d'insectes ou des restes de nourriture.

Chez les femelles, les antennes formées de plusieurs articles ont une grande mobilité. L'extrémité des antennes peut être ramenée jusque devant la tête. Ceci permet une riche communication antennaire avec d'autres individus. Les antennes des ouvrières servent aussi à tâter les larves au moment de l'alimentation et du transport, ainsi qu'à explorer des sources potentielles de nourriture. Les fourmis nettoient souvent ces organes olfactifs et tactiles à l'aide de petites brosses situées sur leurs pattes avant.

Les fourmis charpentières retrouvent le chemin du nid par la vue et par l'odorat. Les camponotes semblent avoir une vue mieux développée que les fourmis des autres genres et elles utilisent des repères visuels pour s'orienter. Elles créent également des pistes chimiques en marquant leur chemin à l'aide de substances odorantes appelées phéromones. C'est pourquoi on les voit la plupart du temps repasser au même endroit.


Fourmi bicolore (Camponotus herculeanus), adulte, ouvrière
 
Thérèse Arcand,
Service canadien des forêts
Ouvrière
Le plein développement d'une colonie de fourmis charpentières prend quelques années. À la fin de la première année, la reine n'est entourée que de six à douze petites ouvrières. Au cours de la deuxième année, le nombre des ouvrières augmente considérablement et quelques grandes ouvrières apparaissent. De nouvelles chambres sont creusées dans le bois pour recevoir le couvain (œufs et larves). Dans une chambre se trouvent la reine, ses œufs et les toutes jeunes larves. Dans une autre, on trouve les larves plus âgées qui doivent être nourries régulièrement. Dans une troisième, les cocons sont entassés pêle-mêle ; les prénymphes et les nymphes ne s'alimentent pas. Au bout de quelques années, la population d'une seule colonie atteint 2 000 individus ou davantage. Des mâles et des femelles ailés sont alors produits chaque année et s'envolent au printemps.

Une colonie mature compte un nid principal et des nids satellites (jusqu'à une dizaine). Le nid principal, qui abrite la reine, les œufs et les larves du premier stade, est toujours situé à proximité d'une source d'humidité. Les nids satellites peuvent contenir les larves matures et les nymphes, ainsi que des adultes ailés. En nature, une colonie peut occuper plusieurs arbres, mais un seul abrite la reine et les œufs. Les nids satellites sont reliés au nid principal par des tunnels creusés dans le sol par les ouvrières.

Lorsque la reine meurt, la production de femelles cesse. La colonie subsiste encore un an ou deux, le temps que les ouvrières élèvent les dernières larves. Peu à peu, les ouvrières adultes meurent. En deçà d'un certain nombre critique d'ouvrières, la colonie est complètement désorganisée et finit par disparaître.

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MÉTHODES DE CONTRÔLE
Les fourmis charpentières comptent parmi les plus efficaces destructeurs de bois. Elles préfèrent généralement creuser leur nid dans du bois humide ou en train de pourrir, mais elles s'attaquent aussi à du bois sain, surtout quand leur nid prend de l'expansion. Leur présence ne devrait pas être tolérée à l'intérieur d'une habitation. Trouver des fourmis charpentières dans la maison ne signifie pas, toutefois, qu'il y a automatiquement une infestation. Au printemps ou durant l'été, des fourmis éclaireuses à la recherche de nourriture peuvent effectuer une visite de votre domicile sans y être établies. Par contre, si les fourmis sont actives dans la maison en plein hiver, vous êtes aux prises avec d'indésirables colocataires.

Les signes d'infestation
En raison du temps que met une colonie de fourmis charpentières à se développer, des années peuvent passer avant que l'infestation se manifeste de façon évidente. L'un des premiers indices clairs de la présence d'un nid dans la maison est l'observation de fourmis actives durant la saison froide. Les insectes sont alors en quête de nourriture et d'eau. Un autre signe d'infestation se manifeste au printemps, lorsqu'on voit les adultes ailés émerger du nid, en sortant par des fissures des murs ou du plafond, par exemple. Ils tentent ensuite de s'échapper par les fenêtres. Dans un cas comme dans l'autre, la plus grande partie de la colonie reste cachée mais bien active.

Lorsque la population d'un nid est importante, on peut entendre un léger bruit de cliquetis ou de bruissement créé par le mouvement des innombrables pattes d'insectes dans une structure. Le bruit devient plus évident si on l'écoute avec un stéthoscope (utile comme outil de détection). Lorsqu'on frappe la surface suspecte, l'activité des insectes augmente car les fourmis sont sensibles aux vibrations. La présence de petits amas de sciure de bois constitue aussi un bon indice de la présence d'un nid, particulièrement si les amas ont tendance à réapparaître au même endroit. Ces tas de sciure se trouvent généralement sous les entrées du nid, qui prennent la forme de petits trous, de fentes et de fissures.

Comment trouver le nid ?
Pour éliminer les fourmis charpentières dans une maison, il faut trouver le nid et le détruire. Voilà qui est souvent plus facile à dire qu'à faire. D'abord, il est utile de rappeler ici qu'une colonie de camponotes peut comporter plus d'un nid. La reine vit dans le nid principal où elle pond ses oeufs, mais d'autres nids, appelés nids satellites, peuvent abriter une bonne partie de la communauté. On peut compter une dizaine de nids satellites dans une grosse colonie.

Pour faire disparaître les fourmis, il faut éliminer le nid principal. Celui-ci se trouve parfois dans la maison, mais il est plus souvent situé à l'extérieur, dans un arbre, une souche ou une pile de bois de chauffage, par exemple. De ce nid, les fourmis envoient des éclaireuses et d'autres ouvrières pour établir les nids satellites. Il est bon de garder en mémoire que les fourmis peuvent entrer dans la maison en passant sur des fils téléphoniques, des fils électriques et des branches d'arbres qui touchent le bâtiment. Les fourmis voyagent aussi facilement dans le sol et sous les planchers. Cherchez des nids dans les arbres autour de la maison dans un rayon de 90 m ; tentez de trouver des piles de sciures de bois, des parties d'arbres pourries, etc. Inspectez la pile de bois de chauffage. Vérifiez les endroits les plus humides de la maison : le grenier, le sous-sol, les cadres de portes et de fenêtres en bois, les toits qui coulent, les gouttières, les tuyaux qui fuient, la salle de bain et de lavage, les marches extérieures, etc. Le nid se trouve souvent dans des endroits où une structure en bois est en contact avec le sol, ou encore dans des espaces creux, comme des portes, des murs intérieurs, des plafonds, des entre-toits, des colonnes de porches, des planchers et des garde-robes. On en a même vu dans de la mousse isolante.

Une autre bonne façon de localiser le nid est d'observer le va-et-vient de ses habitantes. Pour ce faire, on peut offrir aux fourmis des petits morceaux de gâteau, du miel dilué avec un peu d'eau, de la gelée de fruits ou de la confiture. Les fourmis étant plus actives la nuit, une lampe de poche est utile pour les suivre du lieu d'alimentation jusqu'au nid, qu'il se trouve à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison.

Contrôle direct
Une fois le nid principal localisé, il faut le détruire ainsi que toutes les fourmis qui l'habitent. Idéalement, on procédera de même avec tous les nids satellites. Si le nid est à l'extérieur de la maison, on peut tuer les fourmis en les arrosant avec de l'eau bouillante. À l'intérieur, un aspirateur puissant peut faciliter l'élimination des insectes (débarrassez-vous rapidement du sac). Il faudra parfois enlever la partie du bois qui a été endommagée, ce qui peut nécessiter l'aide d'un charpentier.

Quand les nids sont difficiles d'accès, par exemple lorsqu'ils se cachent derrière des murs ou dans un plafond, on peut avoir recours à un insecticide, par exemple des produits contenant du borax. On trouve dans le commerce ces appâts liquides ou en poudre à base de borax, ou acide borique. Il est aussi possible de préparer un appât maison en mélangeant deux parts égales de sucre à glacer et de poudre de borax. Appliquez le produit dans les fissures où l'on voit entrer et sortir des fourmis. Les ouvrières seront attirées par l'appât toxique et le rapporteront aux autres membres de la colonie, qui s'empoisonneront par échange de nourriture.

Il est important de suivre attentivement les indications du fabricant lors de l'application d'un insecticide (le borax peut être dangereux s'il est ingéré par les enfants et les animaux domestiques). Limitez cette application aux nids et évitez d'utiliser deux insecticides en même temps.

Durant votre lutte contre les fourmis, faites régulièrement disparaître leurs pistes chimiques à l'aide d'un produit nettoyant.

L'intervention d'exterminateurs compétents s'avère parfois nécessaire dans les cas d'infestation graves. Ceux-ci doivent alors observer le comportement des fourmis charpentières afin de s'assurer que le nid principal et les nids satellites seront détruits. Les nids satellites sont reliés au nid principal par des pistes et il existe de fréquents échanges d'ouvrières entre les nids. Il faut parfois deux années pour éliminer toute la colonie. Le nid principal peut d'ailleurs se trouver sur le terrain d'un voisin et nécessiter une intervention en dehors de votre propriété.

La destruction des seuls nids satellites sert parfois uniquement à déplacer le problème. En effet, les fourmis réagissent au fait que leurs éclaireuses ne reviennent pas. Ceci constitue un avertissement de danger et incite les fourmis à trouver un autre site pour installer un nouveau nid. Il s'avère donc important, dans le choix d'une firme d'exterminateurs, de vérifier le sérieux des interventions proposées, qui doit comprendre l'élimination du nid principal.

Contrôle indirect et prévention
Voici diverses façons de prévenir l'installation d'une colonie de fourmis charpentières dans votre domicile.

  • Éliminez les sources d'humidité qui peuvent affecter des pièces de bois, réparez les tuyaux et les toits qui fuient, ventilez adéquatement les parties humides de la maison.
  • Éliminez le bois pourri autour de la maison.
  • Évitez d'accumuler de grosses pièces de bois près des fondations.
  • Rangez adéquatement le bois de chauffage, en surélevant les piles de bûches par rapport au sol.
  • Placez-les suffisamment loin des bâtiments. Frappez le bois pour faire tomber les insectes avant de l'introduire dans la maison. Une fois le bois entré, inspectez les bûches réchauffées et éliminez les fourmis qui s'activent.
  • Coupez les branches des arbres et des arbustes de façon à ce qu'elles ne touchent pas ou ne dominent pas la structure de la maison (les fourmis peuvent se laisser tomber d'une branche pour aller explorer de nouveaux territoires). Réparez et élaguez les arbres endommagés ; enlevez les souches.
  • Inspectez, nettoyez et réparez les gouttières avant les pluies.
  • Bouchez les fissures des revêtements extérieurs de la maison, vérifiez l'état des fondations et calfeutrez le pourtour des portes et des fenêtres. Installez des moustiquaires aux différentes ouvertures, incluant les bouches de ventilation.
  • Évitez de laisser traîner de la nourriture attrayante pour les fourmis.

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CROYANCES POPULAIRES
On croit souvent, à tort, que les camponotes mangent du bois comme les termites. Contrairement à ces dernières, les fourmis sont incapables de digérer la cellulose. Elles creusent le bois uniquement pour se loger. Leur nom de fourmis charpentières vient de l'apparence des galeries de leur nid, dont les parois sont lisses, propres et soigneusement sculptées. Contrairement à ce qu'on observe dans les nids de termites, on ne trouve ni excréments ni sciure de bois dans les nids de camponotes, et les parois de leurs tunnels ne sont pas couvertes de terre humide.

Lorsqu'on observe des fourmis en train de transporter des petites formes blanches allongées, on pense souvent qu'il s'agit de leurs œufs. Ce sont en fait les cocons des nymphes. Les œufs de fourmis sont beaucoup plus petits que les cocons et plus difficiles à voir à l'œil nu.

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
Les fourmis charpentières peuvent-elles détruire ma maison ?

Lorsqu'elles s'installent à l'intérieur des domiciles, ces fourmis affectionnent particulièrement les grandes poutres de soutien et les solives. Elles peuvent donc causer des dommages importants en creusant des chambres et des galeries dans des pièces de bois qui assurent le maintien de la structure de la maison. Il vaut mieux agir rapidement lorsqu'on trouve ces insectes chez soi (voir plus haut : Méthodes de contrôle).

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FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS
Les ouvrières chargées du ravitaillement de la colonie ont deux estomacs. Le plus grand est un estomac « communautaire », où la fourmi stocke la nourriture qu'elle mange sous une forme liquide. Elle partage cette nourriture avec les autres fourmis de sa colonie. Lorsqu'une de ses congénères a faim, elle le signale en frottant ses antennes sur la tête de la fourmi. Les deux fourmis se placent bouche à bouche et la nourriture passe de l'ouvrière nourricière à l'autre. Cet échange de nourriture porte le nom de trophallaxie.

En plus du gros estomac, la fourmi possède un jabot, ou estomac « individuel ». Lorsque l'insecte a besoin de nourriture, une partie des aliments contenus dans l'autre estomac est transférée dans le jabot puis digérée.

Une très grosse colonie de fourmis charpentières peut contenir jusqu'à 14 000 individus.

Au Québec, les colonies de camponotes sont les seules qui hébergent des adultes ailés pendant l'hiver. Chez les autres fourmis, les adultes ailés quittent la colonie au cours de l'été.

Au Québec, les fourmis charpentières sont parmi les insectes pour lesquels les gens ont le plus souvent recours aux exterminateurs.

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BIBLIOGRAPHIE
Hölldobler, B. et E.O. Wilson. 1996. Voyage chez les fourmis, une exploration scientifique. Édition du Seuil, 247 p.

Une vie sociale bien organisée

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